samedi 21 novembre 2015

Vous trouverez à la suite trois textes sur la situations de notre pays.
Le premier est la prise de position d'un député socialiste refusant la prolongation de l'état d'urgence, les deux autres, issus de mouvement franchement communiste dont le notre, Pôle de Renaissance communiste en France, montrant l'implication des politiques nationales et internationales de nos gouvernants et l'impérieuse nécessité du vrai rassemblement du peuple ouvrier.





Pourquoi je voterai contre la prolongation à 3 mois d’un état d’urgence,

par Pouria Amirshahi

 Énième sursaut ? Régressions démocratiques ? Réveil des consciences ? Comment empêcher d’autres morts, d’autres destins brisés par des esprits aussi manipulés que résolus à tuer ? Ce qui se joue depuis janvier 2015 et novembre 2015, c’est-à-dire l’avenir de notre société, se dessine en ce moment. Sur le front extérieur comme intérieur, le président de la République a déclaré la France « en guerre ».

 
La source de cette « guerre » prend racine d’abord dans la géopolitique : la faillite des Etats, les corruptions et les bouleversements qui font le terreau de croissance des monstres tels Daech. Interroger cette géopolitique, c’est nous interroger nous-mêmes, Français, sur les désordres du monde. C’est à cette échelle qu’il convient d’assécher immédiatement les sources de financement du groupe « Etat Islamique ». C’est à ce niveau que nous devrons réviser nos alliances – y compris de commerce d’armes - avec des Etats pour le moins ambigus si ce n’est directement impliqués dans les troubles actuels.

 
C’est enfin à cette échelle que doit se conduire effectivement une autre politique de reconstruction et de développement. En gros, traduire en actes une nouvelle doctrine qui pourrait se résumer ainsi : « leur développement, c’est notre sécurité ».
 

Il y a ensuite les fragilités françaises qui voient des jeunes Français manipulés et endoctrinés sur fond de désamour avec la République, devenir assassins et haineux de leur propre pays. Encore ultra-minoritaires, ils croissent et se radicalisent. Il faudra bien très vite sortir des discours de tribune parlant de nos banlieues pour mettre, dès maintenant, autant de créations de postes nouveaux pour les politiques publiques de la ville, de l’action sociale, de l’éducation que nous en mettons dans la police et l’armée – sans regarder jamais à la dépense, comme si c’était plus important.
 

Mais pour l’heure, il convient pour le Parlement de se prononcer ce jeudi 19 novembre, sur la prolongation pour 3 mois de l’état d’urgence, c’est-à-dire d’une « loi d’exception », dont le premier ministre avait pourtant dit le 13 janvier 2014 qu’elle n’était pas compatible avec l’esprit de notre République. Le projet du gouvernement - déposé avant même le terme des 12 jours légalement prévus et entamés le 13 novembre - entend renforcer les capacités coercitives de l’administration et des pouvoirs de police et durcir les conditions de détention des personnes suspectées prévues depuis 1955. C’est dans la précipitation que les législateurs vont délibérer d’une restriction sévère de nos libertés publiques, de nos loisirs et sorties, de nos manifestations de solidarité, de notre droit à nous réunir. Conformément à la loi de 1955, ces restrictions pourront intervenir à tout moment, à titre permanent le cas échéant, sur décision du préfet.
 

Celles et ceux qui assument que les libertés puissent (ou doivent) passer au second plan d’une sécurité première ont le mérite de la cohérence. Vieux débat qui traverse la France depuis 1789. Mais pour celles et ceux qui, nombreux dans les paroles, ont affirmé avec force que la démocratie ne gagnera qu’en étant elle-même, en ne rognant pas un pouce de droit ni de liberté, il y a une grave contradiction à défendre aujourd’hui l’inverse dans la Loi : est-ce assumer notre démocratie que d’interdire potentiellement des manifestations citoyennes ? Est-ce faire preuve d’audace que d’interdire des réunions publiques au moment où les Français ont besoin de parler, de se parler, pour comprendre ? Plus que jamais nous avons besoin que la société mobilisée se mette en mouvement : pour faire vivre la démocratie bien sûr, mais aussi pour entraîner les citoyens contre les dérèglements du monde et les fanatismes monstrueux qu’ils engendrent. On n’assigne pas une société à résidence.

Bien entendu la République doit être en capacité de se défendre. Contrairement à ce qui est affirmé par les tenants d’un virage néoconservateur, nous disposons d’un arsenal judiciaire et répressif très dense, révisé plus de 11 fois en 10 ans. Sait-on par exemple que les investigations qui ont conduit aux opérations de police mercredi à Saint-Denis ont été menées indépendamment de l’état d’urgence, dans un strict cadre judiciaire et d’enquête pénale ? « Oui, mais demain, après-demain… Comment faire ? » entend-on parfois du côté de ceux que l’uniforme rassure, même s’ils sont lucides sur l’effet peu persuasif des dispositions de sécurité de rue sur des terroristes déterminés, jusqu’à se faire sauter.
 

En premier lieu, il convient d’appliquer le code de procédure pénale qui autorise déjà, dans le cadre de la lutte antiterroriste, le recours à des perquisitions de nuit, mais également l’utilisation de techniques d’enquêtes spéciales que ne permet pas l’état d’urgence (écoutes, micros, surveillances etc.). La chancellerie a d’ailleurs déjà ordonné que les affaires de terrorisme soient prioritaires.

Ensuite, il est temps de changer de stratégie de sécurité, par exemple en déployant quelques milliers de policiers et gendarmes aujourd’hui affectés au peu efficace plan Vigipirate, qui de l’avis de tous les spécialistes vise d’abord à rassurer le quidam, vers des investigations, des enquêtes, des filatures… Ce qu’apprécieront juges et policiers, renforcera notre efficacité, et donnera des preuves aux citoyens.

Les actions de justice et de police ont montré que le besoin prioritaire de moyens et de coordination entre services était plus important sans doute que les dispositifs exorbitants de droit commun accordés aux services de sécurité que constituent par exemple la dernière loi renseignement ou une durée anormalement longue d’un état d’urgence.

 
Il est enfin un obstacle majeur à mon approbation d’une prolongation pour trois mois (durée d’ailleurs aussi arbitraire qu’inexpliquée par le gouvernement) : l’empressement d’une modification constitutionnelle, de notre Loi fondamentale, alors même que le chef des armées vient de nous déclarer « en guerre » et que la France sera en état d’urgence.

        Pas une démocratie moderne ne modifie ses règles les plus précieuses en période où prime la possibilité de dérogation à ces mêmes règles. Sans même entrer dans le contenu des modifications envisagées, dont certaines sont la reprise des vieilles revendications du bloc réactionnaire (déchéance de nationalité, présomption de légitime défense - c’est-à-dire permis de tuer - des policiers), on ne saurait, en pleine conscience républicaine, accepter de procéder à ces modifications substantielles de droit fondamental en pleine application d’une loi d’exception. Cette dernière exigence de séparation des temps de notre démocratie ayant été refusée par le premier ministre je voterai contre la prolongation à 3 mois d’un état d’urgence qui va au-delà des pouvoirs administratifs exceptionnels et s’appliquera sans contrôle démocratique véritable.

 Pouria Amirshahi est député socialiste des Français établis hors de France (note de la rédaction)











Déclaration du secrétariat national du PRCF


Paris, le 19 novembre 2015


 
A l’unisson d’autres forces démocratiques* comme le Syndicat de la magistrature ou comme le courageux député socialiste critique Pouria Amirshahi, le secrétariat politique national du PRCF se prononce contre la prorogation à trois mois de l’état d’urgence**. Le PRCF condamne aussi le chambardement constitutionnel gravement antidémocratique programmé par Hollande dans un climat d’hystérie attisé par la droite et par le FN.
 

La réalité, c’est que l’exécutif dispose déjà de tout l’arsenal législatif lui permettant de mener la lutte antiterroriste, si tel est son vrai but, et que même, nombre des dispositifs législatifs ou réglementaires existants sont déjà attentatoires aux libertés démocratiques, individuelles et syndicales. Ce pouvoir qui traite les ouvriers d’Air-France de « voyous » et qui les fait arrêter à 5 heures du matin veut en fait se doter des moyens d’exception qui lui permettront d’interdire à jamais les mouvements politiques et idéologiques, voire syndicaux qui refusent l’euro-dissolution de la France, les guerres impérialistes à répétition, le démontage des acquis du CNR et de la Révolution française. Le but de Valls-MEDEF et de ses amis de la droite est aussi de faire passer un maximum de lois antisociales sans être gêné par les grèves et par les manifs populaires.
 

Sans tomber dans les provocations, en parlant constamment le langage de la raison et en cherchant sans relâche l’unité d’action des forces ouvrières et démocratiques, le PRCF appelle les travailleurs à poursuivre dans l’union leur combat légitime et pacifique, notamment le 2 décembre prochain autour des courageux ouvriers d’Air-France. Par ailleurs le PRCF appelle à amplifier la campagne de signatures pour un référendum permettant au peuple français de se prononcer pour la sortie de l’UE. Cette dernière, en soutenant Erdogan (le premier ministre turc proche des milieux intégristes), a montré plus que de la complaisance à l’égard de Daesh, qui s’arme avec l’argent qui provient du pétrole de contrebande écoulé en Turquie. Quand la classe ouvrière réalise autour d’elle l’union du peuple de France, c’est bon pour la nation, pour la bonne entente des membres du peuple de France, pour la mise hors d’état de nuire des fanatiques, pour la défaite de l’ultra-droite réactionnaire que flatte servilement Valls, cet anti-Jaurès qui a toujours combattu la vraie gauche. Dans le même esprit, le PRCF appuie l’exigence de la Fédération Nationale de la Libre Pensée pour que la manifestation républicaine et laïque du 5 décembre, maintenue par ses organisateurs, soit autorisée.
 

Concernant la manière de combattre Daesh en Syrie, le PRCF souhaite ardemment que ce foyer pestilentiel de mort et de haine soit détruit et extirpé, ainsi que les pseudo-« terroristes modérés » (sic) d’Al Nosra liés à Al Qaida. Mais sous peine de permettre aux dirigeants impérialistes, gouvernement Valls inclus, de faire à tout moment dévier leur action « anti-Daesh » contre l’ensemble du peuple syrien (comme ce fut le cas à l’encontre du peuple libyen à l’époque de Sarkozy), l’intervention n’aura de légitimité que si elle est strictement cadrée par le droit international, sous mandat strict de l’ONU et en intégrant à la coalition comme un acteur incontournable et central l’armée régulière syrienne relevant d’un Etat souverain et laïque.
 

Le gouvernement Hollande, qui porte une responsabilité accablante dans le développement de la guerre civile en Syrie, doit aussi cesser de poser des préalables au sujet de la présence ou pas d’Assad à la conférence de réconciliation nationale. Il ne s’agit pas de savoir ce que NOUS pensons ou pas d’Assad, il s’agit de savoir ce que le peuple syrien décidera à son sujet dans le cadre d’un processus de paix lui permettant de s’exprimer souverainement, donc SANS l’ingérence du bloc atlantique et de ses vassaux turcs, saoudien ou qatari – sans lesquels Daesh ne serait rien. Il faut revendiquer haut et fort que la France officielle cesse scandaleusement de considérer l’Etat syrien comme l’ennemi principal et qu’elle cesse aussi d’avoir pour amis principaux dans le Golfe les pétromonarchies qataris et saoudiennes qui exportent partout à coups de pétro-milliards leurs vues obscurantistes, misogynes et esclavagistes.
 

Le PRCF appelle les communistes et les autres progressistes à continuer sereinement leur vie démocratique pacifique, à ne pas cesser le dialogue public avec le peuple, avant tout avec la classe ouvrière et la jeunesse et, tout en évitant les provocations qui ne serviraient que les forces réactionnaires, à défendre leurs objectifs de paix, de souveraineté nationale, d’unité combative du peuple travailleur, de progrès social, de démocratie et de fraternité entre tous les travailleurs, tous les peuples et toutes les jeunesses du monde.
 

* Comme l’a déclaré la direction de la Ligue des Droits de l’Homme, « le pouvoir exécutif entend imposer sa vision d’une démocratie » où lui-même « l’emporte sur les autres pouvoirs et sur les libertés individuelles », ajoute la LDH, qui déplore qu' »une seule alternative » soit proposée, entre « un pouvoir fort ou le terrorisme, sans se préoccuper d’assurer la cohésion sociale et l’égalité des droits ».

** Nous prenons acte avec consternation du positionnement à ce sujet de la direction du PCF-PGE.

mardi 17 novembre 2015


LEUR ETAT D’URGENCE… et le NÔTRE.

Par Georges Gastaud et Antoine Manessis

 

Les terribles massacres de novembre appellent sans contredit une lutte implacable contre tous ceux qui commanditent l’intégrisme fanatique dans l’unique but de substituer le mortifère « choc des civilisations » au combat émancipateur du Travail contre le Capital et des peuples contre l’impérialisme.

 

Cependant l’énorme battage politico-médiatico-sécuritaire qui a suivi le 13 novembre 2015 n’apporte aucune solution au problème objectivement posé : comment assurer la sécurité des Français sans réduire encore plus les libertés et sans aggraver sans fin la situation au Proche-Orient ? Preuve vient en effet d’être à nouveau apportée que les lois liberticides et pseudo-sécuritaires empilées par Sarkozy, Valls et Cazeneuve n’empêchent pas les opérations terroristes : leur seul effet est d’amenuiser les espaces démocratiques… au nom même de la liberté que l’on prétend défendre en vertu d’une véritable politique de Gribouille *!

 

Preuve a été faite également du caractère irresponsable de la politique extérieure des bellicistes Hollande et Fabius. A Kiev, ces dangereux personnages soutiennent un gouvernement pronazi qui rêve d’entraîner la nouvelle Europe allemande dans une revanche sur Stalingrad ; en Syrie, les gouvernants sociaux-impérialistes français (« socialistes en paroles, impérialistes en fait », eût dit Lénine !) ciblent prioritairement depuis cinq ans l’Etat laïque et souverain de Syrie – une ancienne colonie française, certes ! – n’hésitant pas pour cela à travestir les terroristes d’Al Nosra en « combattants de la liberté ». Ainsi BHL et feu A. Glucksmann présentaient-ils jadis les talibans afghans puisque ces derniers avaient l’insigne mérite à leurs yeux de combattre l’Armée rouge ! Pire, Fabius et Le Drian, ces VRP de Lagardère et de Dassault, ont hypertrophié les relations de la France avec la Turquie d’Erdogan (le bourreau du peuple kurde) – sans laquelle Daesh ne pourrait pas écouler sa contrebande pétrolière. Ils ont aussi doté de « Rafales » le Qatar et l’Arabie saoudite, ces gendarmes du Proche-Orient qui alimentent l’intégrisme islamique à l’égal de leurs protecteurs « chrétiens », les néoconservateurs états-uniens…

 

Ce n’est donc pas l’union sacrée derrière Hollande, ce serviteur reptilien de l’OTAN, qu’il faut prôner quand on veut servir les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité que l’oligarchie et ses partis politiques bafouent quotidiennement en France. En effet, ces grands défenseurs de la « civilisation française » démolissent ici même le Code du travail, la Sécu, les statuts, les services publics, les retraites, ils violent l’aspiration du peuple français à s’affranchir de l’UE et de son austérité à perpétuité**. La vraie gauche, les travailleurs tomberaient dans un piège mortel si sous couvert d’ « union sacrée », ils acceptaient de reculer sur leurs acquis sociaux et leurs libertés syndicales. Non on ne défend pas la liberté en instaurant l’espionnage universel ! Non on ne promeut pas l’égalité en ravageant les acquis sociaux ! Non on ne cultive pas la fraternité en généralisant les contrôles au faciès ! Et s’il faut unir le peuple français, comme le fit naguère le C.N.R., ce n’est pas derrière le PS et l’UMP, qui surenchérissent dans les politiques de guerre, d’austérité et de vassalisation atlantique, c’est au contraire derrière un programme d’indépendance nationale, de nationalisations démocratiques, de progrès social, de rétablissement du « produire en France », de promotion de l’Education nationale laïque, de défense de l’environnement contre le tout-profit capitaliste. Or cette politique de coopération avec tous les peuples implique clairement la rupture révolutionnaire de la France avec l’euro, l’UE, l’OTAN… ces armes létales du capitalisme-impérialisme « moderne »…

 

Sur le plan de la politique étrangère, le PRCF appelle dont les lecteurs d’I.C. à exiger qu’en Syrie, la diplomatie et l’armée et les services spéciaux français cessent de considérer l’Etat syrien et ses alliés – au premier rang desquels la Russie – comme l’ennemi principal à abattre. Nous n’idéalisons certes pas Assad ou Poutine et notre soutien politique va clairement aux communistes syriens et russes. Mais qui ne voit que Daesh, la créature de Frankenstein qu’ont suscitée l’impérialisme occidental et ses alliés turco-qataro-saoudiens est le contraire d’un mouvement anti-impérialiste et que cette organisation criminelle constitue une pièce décisive de la stratégie impérialiste du chaos ? Une stratégie exterminatrice qui tue en masse des Irakiens, des Syriens, des Afghans… et désormais, des Français, tout en jetant sur les routes de l’exil des millions d’humains qui n’ont pour « choix » que d’être transformés en chair à canon des bandits intégristes ou de devenir la chair à profit du capital germano-atlantique ?

 

Concernant la France, la traque légitime des tueurs monstrueux ne doit donner lieu à aucun amalgame avec la masse des jeunes Français issus de l’immigration. Exerçons sans faiblesse notre droit de réunion, de grève, de manifestation, de tractage, car ceux qui dynamitent les conquêtes du CNR à coups de loi Macron et de directives européennes, emploieront sans scrupules l’état d’urgence pour imposer leur programme thatchérien avec l’appui de l’ « opposition » de droite. Non seulement le combat social n’est pas un obstacle à la lutte antiterroriste, mais IL EST LE PRINCIPAL ANTIDOTE au prétendu « choc des civilisations » ; ce n’est pas parce que les organisations qui se réclament du mouvement ouvrier lutteraient « trop », c’est au contraire parce qu’elles ont déserté le combat de classe, la lutte anti-impérialiste, la défense authentiquement patriotique du « produire en France », de la laïcité à la française (rien à voir avec les usurpateurs qui couvrent du beau mot de laïcité leur haine du TRAVAILLEUR musulman), de la langue française sacrifiée au tout-anglais, de la République une et indivisible découpée en « Grandes Régions » à l’allemande, que la France risque fort de plonger dans un processus déshonorant de fascisation, de militarisation et de surenchère belliciste. C’est pourquoi le PRCF a appelé à faire du 2 décembre, jour de la honteuse comparution en « justice » des ouvriers d’Air-France, une journée de rassemblement pluriel de la gauche populaire devant les préfectures et les chambres patronales.

 

Ce n’est pas non plus de « plus d’Europe » que nous avons besoin, n’en déplaise à Marine Le Pen qui vient d’ôter son masque « eurosceptique » en annonçant son ralliement à l’UE et au programme de casse du MEDEF*** ; il faut au contraire SORTIR la France de ces machines de mort antisociales, antinationales, liberticides et guerrières que sont l’UE, l’euro et l’OTAN : ce pourquoi le PRCF active la campagne populaire de signatures pour que le peuple français puisse décider par référendum de sortir de l’Europe de la guerre et de l’austérité. Bref, ce n’est pas d’une reptation généralisée du peuple derrière les casseurs de pays du gouvernement que nous avons besoin, mais du tous ensemble du monde du travail, de la jeunesse et des vrais patriotes pour chasser cette oligarchie qui fragilise et déstabilise de plus en plus notre pays. Aux mortifères intimidations des forces réactionnaires de tous bords, répondons par l’état d’urgence vital des partisans de la République sociale, laïque, souveraine et fraternelle. 

 

 *Gribouille est l’homme qui se jette à la rivière pour échapper à la pluie…

**En 2008, le PS et l’UMP ont imposé au peuple un Traité qui renforce la constitution européenne refusée par les Français.

***Cf à ce sujet les textes de G. Gastaud et d’A. Manessis datés du 6 novembre 2015, www.initiative-communiste.fr

mercredi 7 octobre 2015


Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles !

 

Cette phrase tirée de Candide (un nom prédestiné) de Voltaire est un raccourci des situations sociales dans notre pays.

Quand nos élus (de tout bord) annoncent une amélioration de notre économie, je me rappelle les propos de Chirac, alors 1er ministre de Valéry Giscard d’Estaing, qui apercevait le bout du tunnel. C’était en 1975 !

Plus sérieusement dans notre petit territoire que constitue la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin, « ça tombe comme à Gravelotte » !

Après l’abandon des structures des pompiers volontaires (la Call a pris cette décision scandaleuse en juin dernier), c’est trois autres structures locales qui disparaissent ou sont fortement menacées.

  • La Halle aux vêtements : les magasins de Liévin et de Cora Lens2 fermeront le 14 novembre. Au total 11 salarié(e)s sont concerné(e)s. Le groupe Vivarte a décidé de supprimer 174 magasins sur 320 en France. Notons que Vivarte possèdent notamment les enseignes Naf-Naf, Chevignon, les Chaussures André,…
  • Gitem : le tribunal de commerce d’Arras vient de mettre en redressement judiciaire la société Euronics, propriétaire de la marque Gitem, spécialiste de l’électroménager et du multimédia. Sachant que deux autres plates-formes de la marque ont été fermées à Saint-Malo (35) et à La Flèche (72), on peut s’interroger sur le sort des 92 salariés d’Angres
  • 3ID : cette association locale d’insertion spécialisée dans le bâtiment et l’aménagement et entretien des espaces verts subie de plein fouet la politique d’austérité de nos gouvernants. Travaillant presque exclusivement avec les fonds publics de nos structures locales (ville, Call, département), elle a aujourd’hui une trésorerie moribonde. Les 140 salarié(e)s ne sont plus payé(e)s. Pour tous ces salariés c’est double peine : l’argent pour pouvoir survivre et leur avenir une nouvelle fois compromis.

 

Ces trois faits montrent le décalage qui existe entre nos dirigeants et ce que vit notre peuple.

 

Pouvoir d’achat en berne, emplois plus ou moins précaires d’un côté. Primes scandaleuses pour des dirigeants à la solde, tricherie des groupes industriels (obsolescence programmée, escroquerie sur des tests,…) de l’autre.

C’est tout un avenir pour tous et avec tous qui est à revoir.

 

Pour cela, il faut reprendre la main sur nos vies.

On ne pourra le faire qu’en sortant de l’euro et de l’Europe qui nous ramènent 100 ans en arrière.

On ne pourra le faire qu’en promouvant une société socialiste digne de Marx, Lénine, Jaurès et pas celle d’un Hollande, d’un Zapatéro ou d’un Blair, pas même celle d’un Tsipras.

samedi 19 septembre 2015

Les Grecs votent (le 20 septembre)


SOLIDARITÉ AVEC LES COMMUNISTES GRECS

 

Pour intimider les peuples d’Europe qui rejettent l’euro-austérité, l’UE a imposé à la Grèce une mise en tutelle humiliante porteuse d’attaques mortelles contre les conditions d’existence des travailleurs. <br>
 

         En acceptant le diktat de Merkel, servilement secondée par Hollande, Tsipras a involontairement démontré qu’il est impossible de résister à l’ordre néolibéral piloté par Berlin si l’on n’est pas prêt à claquer la porte de la zone euro, de la prison des peuples qu’est l’UE, de l’OTAN et du capitalisme dont les institutions euro-atlantiques sont une arme de destruction massive. Cette capitulation a du moins le mérite de dynamiter le mensonge de l’ « Europe sociale, démocratique et pacifique » et de la « réorientation progressiste de l’UE » mythes que propage, de plus en plus difficilement, le Parti de la Gauche Européenne, pieds et poings liés, comme l’Internationale « socialiste », à la « construction » euro-atlantique du grand capital.

 

Dans ces conditions, tant pour défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes que par solidarité de classe avec les travailleurs grecs, les signataires de cet appel se déclarent solidaires du PC de Grèce – qui, à l’occasion des luttes sociales et électorales qui approchent,  combat frontalement l’euro, l’UE, l’OTAN et le capitalisme ; car il est de plus en plus clair, face à la dictature euro-atlantique du capital, que le combat patriotique pour l’indépendance des nations et la lutte révolutionnaire pour le socialisme sont dialectiquement et inextricablement liés.

Paris, le 9 septembre 2015

 

Premiers signataires

•Antoine MANESSIS, responsable international du PRCF, fils de résistants grec et français

•Léon LANDINI, ancien officier FTP-MOI, Médaille de la Résistance, président du PRCF

•Pierre PRANCHERE, ancien maquisard FTP, ancien député, vice-président du PRCF

•Jean-Pierre HEMMEN, fils de Fusillé, directeur de la revue Etincelles, vice-président du PRCF

•Georges GASTAUD, fils de résistant, secrétaire national du PRCF

•Annie LACROIX-RIZ, petite-fille de déporté, historienne

•Aymeric MONVILLE, éditeur

•Jo HERNANDEZ, syndicaliste, responsable Luttes du PRCF

•Benoît FOUCAMBERT, syndicaliste

•Vincent FLAMENT, rédacteur en chef d’Initiative communiste

•Annette MATEU-CASADO, fille de combattant républicain espagnol, trésorière nationale du PRCF

•Gilliatt DE STAERCK, responsable des Jeunes pour la Renaissance Communiste en France

•Jany SANFELIEU, fille de combattant républicain espagnol antifasciste, secrétaire à l’organisation du PRCF

•Roger SILVAIN, syndicaliste, ancien dirigeant CGT de l’automobile

•Daniel ANTONINI, ancien responsable de la commission internationale du PRCF, ancien responsable de la FMJD

•Bernard PARQUET, ancien directeur de l’école centrale du PCF, membre du secrétariat politique du PRCF

•Odile HAGE, conseillère municipale communiste de Douai

•Jean-Michel PADOT, conseiller municipal PRCF de Bully-les-Mines

mardi 1 septembre 2015

En sortir pour s'en sortir!

Disons-le d’une seule voix !


Le 22 juillet 2015
« Il faut sortir de l’euro et de l’U.E atlantique par la voie progressiste »:
disons-le d’une seule voix ! – Par Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF
parlons d'une seule voixLe piteux effondrement de Tsipras prouve, s’il en était besoin, que l’euro et l’U.E ne sont pas réformables: ces broyeurs de peuples associés à l’O.T.A.N et à l’Union Transatlantique en gestation sont en effet conçus de A à Z pour assurer l’hégémonie germano-américaine, écraser les acquis sociaux et les souverainetés nationales, prohiber le socialisme sur notre continent. La punition infligée au peuple grec par Angela Merkel avec l’appui de Hollande indique ce qu’il adviendrait en Espagne ou en France si les amis du Parti de la Gauche européenne (Podemos, Front de Gauche, etc) parvenaient au pouvoir sur la base de leur paralysante utopie d’une « Europe sociale, démocratique et pacifique » construite dans le cadre de la dictature euro-atlantique. Rappelons que l’U.E-O.T.A.N ne se cache même plus pour installer à Kiev un régime pronazi et belliqueusement anti-russe.

Conseil de Classe- Rentrée 2015


Supplément à INITIATIVE COMMUNISTE, journal du Pôle de Renaissance Communiste en France;  Commission Ecole,  Recherche,  Université - rentrée 2015

Couronnant les contre-réformes successives d’Allègre, Fillon, Chatel, Pécresse-Fioraso, Peillon 1, le tandem Valls/Vallaud-Belkacem s’acharne sur le collège, « ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal ». Le sempiternel verbiage social-démocrate sur l’ « égalité » habille de rose une réforme qui achèverait de ghettoïser le second degré public en aggravant la fuite des classes moyennes vers l’enseignement privé.

Le démontage des disciplines scolaires sous couvert d’interdisciplinarité au rabais, la baisse du pouvoir d’achat des fonctionnaires2, l’alourdissement des obligations de service, le report progressif à 67 ans des départs en retraite3, l’imposition du new management public4, le tout-apprentissage revendiqué par le patronat, l’accroissement du pouvoir des chefs d’établissement et d’une myriades d’apprentis-chefaillons arrivistes tutorant leurs collègues, tout cela prend un sens politique global. Le but du Parti Maastrichtien Unique, ce PMU composé du PS et du parti sarkozyste est en effet d’aligner notre école sur l’anti-modèle anglo-saxon, de dévaluer les qualifications pour comprimer le « coût » du travail, bref, de consolider une école duale entièrement dévouée au capital. Dans le premier degré, les rythmes Peillon visent surtout à dénationaliser l’école en engageant sa municipalisation. Au collège, la Young leader NVB5 supprime, non les sureffectifs de classe, ni les incivilités qui se généralisent sous l’œil complice des « autorités »6, mais l’enseignement du plurilinguisme7 et l’ancrage sur des savoirs forts et identifiés : compétences jetables, socle commun minimaliste, brevet dévalué…